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L.N.P.N : LES APPROXIMATIONS ET CONTRE -VERITES DE Mr LE VERN

Mr   Alain  Le  Vern  Président  du Conseil régional  de Haute- Normandie a,  dans un communiqué du  13 Juillet 2012 ,tenté  de justifier par avance  l’abandon de  la  Ligne nouvelle Paris-Normandie (LNPN) au  motif que l’état des finances publiques ne permettrait pas de financer  un tel projet et qu’en conséquence le seul projet réaliste à ses yeux serait de se limiter à la réalisation du tronçon du  Mantois et à la  desserte de Rouen . Le Havre, Caen  et  la Basse-Normandie devront se contenter d’attendre des jours meilleurs en matière de desserte ferroviaire.

Pour  tenter de démontrer l’impossibilité de financer  la LNPN intégrale, Mr Le  Vern avance un chiffre dont on se demande de quel document il l’a extrait. Mr  Le Vern  indique ainsi que « Sur le territoire national ,plus de 250 Milliards d’euros de projets ont été agrégés pour des lignes ferroviaires sans que le début du financement  en soit assuré » Dans les documents qui font référence dans ce domaine ( Schéma National des Infrastructures de Transports -S.N.I.T – Rapport de la  Cour des Comptes ) à aucun moment un tel chiffre  n’est avancé  Ainsi dans le  SNIT (préparé par  le Gouvernement Fillon) il est indiqué que  107 Milliards  d’euros (143 Milliards de moins ( !! ) que le chiffre fantaisiste de Mr  Le Vern)  devraient être consacrés au développement des lignes ferroviaires nouvelles.

Par ailleurs  Mr Le Vern omet de préciser que les sommes prévues pour  le développement du ferroviaire seraient étalées sur une période de 25 à  30 ans .Contrairement à ce que laisse entendre Mr Le Vern les estimations du  SNIT ne constituent pas des décisions définitives mais des orientations. Il omet également de  dire  que ce développement du ferroviaire  pour l’avenir s’inscrit  dans une démarche  positive à  différents niveaux .Le  S.N.I.T conçu  dans le cadre de la loi Grenelle de l’environnement de 2009 recommande en effet de « développer le transport ferroviaire  fluvial  et maritime ou encore les transports collectifs » comme modes alternatifs à la route. Ce développement  du ferroviaire s’applique bien entendu au fret ou le retard français est considérable  et contribue par exemple à la stagnation du Port du Havre par rapport à ses concurrents, Anvers-Rotterdam –Hambourg …

Très approximatif  dans son approche chiffrée du financement des infrastructures ferroviaires sur le plan national indifférent  à l’intérêt considérable que présenterait pour la   Normandie dans sa globalité un recours accru à ce mode  de transport, Mr Le Vern conclut son communiqué par l’affirmation  selon  laquelle  la position sur la LNPN qu’il défend actuellement (réalisation du Mantois- desserte de Rouen ) est conforme à celle qu’il défendait  dans le Cahier d’acteur de la Haute Normandie (Débat  public- L.N.P.N )  Là encore, nouvelle contre-vérité : ce cahier d’acteur  indique en effet dans sa conclusion que « le projet de LNPN  ne permettra de réaliser l’ensemble des fonctionnalités espérées que dans la mesure ou il est mis en œuvre  dans sa globalité. Les différentes branches du projet devront être engagées  dès que possible sans pour autant hypothéquer le projet dans son ensemble » Autre  contre-vérité flagrante à mettre à l’actif de  Mr Le Vern l’affirmation  selon laquelle l’option qu’i l préconise aurait été validée  par RFF. Il  n’en  est rien bien entendu  comme en atteste la décision prise par celui –ci  le 5 Avril dernier de vouloir poursuivre le projet LNPN  dans son  intégralité.

En rendant public aujourd’hui  son revirement  Mr Le Vern  porte un coup qui sera peut-être  fatal à la LNPN au moment  même où il serait au contraire nécessaire pour les élus de notre région -toutes tendances confondues- d’intervenir auprès de l’Etat pour la réalisation d’un équipement  capital pour l’avenir de la Normandie.