COMMUNIQUE

Caen le 01/07/05

 

 

L'Union pour la Région Normande (U.R.N) prend acte avec satisfaction du fait que les deux Présidents des régions "Haute" et "Basse" Normandie, A. LE VERN et P.DURON, en cohérence avec la vision des deux C.R.C.I (Chambres Régionales de Commerce et d'Industrie) des deux régions normandes, aient fait le choix d'une démarche commune pour offrir à la Normandie dans sa globalité, un service aéroportuaire optimisé répondant à la demande actuelle et future des usagers et à l'intérêt de la région normande toute entière.

En effet, la situation présente de l'offre aéroportuaire en Normandie ne répond pas aux exigences de notre époque. Dans le cadre nouveau de l'espace européen élargi et de l'intensification de la concurrence économique entre les régions d'Europe, le développement et l'attractivité des territoires reposent pour une large part sur la possibilité de disposer de liaisons aériennes directes vers les grands bassins économiques européens. Le désenclavement interrégional suppose donc l'existence de plate formes aéroportuaires pouvant offrir des liaisons quotidiennes nombreuses, des coûts réduits et une diversification des destinations.

Aucun des cinq aéroports normands (Cherbourg, Caen, Deauville, Le Havre et Rouen) ne répond à ces exigences et leur exploitation est de plus déficitaire ( à l'exception de Caen). Il faut donc se tourner vers une solution alternative. Celle-ci vient d'être mise en évidence par une étude de "l'Institut du Transport Aérien", étude commanditée par les Conseils Régionaux de "Haute" et "Basse" Normandie.

Le choix d'un aéroport commun aux deux demi régions normandes, situé à Deauville, est celui de la rationalité. En effet, situé au lieu géométrique des agglomérations de Caen (200 000 habitants), Rouen (400 000 habitants) et Le Havre (250 000 habitants), il sera le seul à pouvoir drainer à son profit une clientèle potentielle importante. De plus, du fait d'une amélioration de l'offre, il sera à même d'attirer les usagers de la Normandie toute entière, contraints actuellement de se tourner vers les aéroports parisiens ou de Beauvais ou Nantes. Il est à remarquer également que le choix de Deauville ne remettrait pas en cause l'existence d'autres aéroports de moindre importance en Normandie et qui peuvent apparaître adaptés à des créneaux particuliers.

Si l'URN ne peut qu'approuver la démarche des deux exécutifs régionaux concernant le problème aéroportuaire, notre association s'interroge en revanche sur la pertinence de la révision du "Schéma Régional d'Aménagement et de Développement du Territoire" (SRADT) de "Basse" Normandie. En effet, à l'approche des négociations du futur Contrat de Plan Etat Région (2007 - 2013), le Président P.DURON a décidé de mettre en place un comité de pilotage chargé de la révision du SRADT élaboré sous la précédente mandature régionale.


Ce comité a déjà tenu deux réunions, une autre étant programmée en septembre prochain. Le principe d'une telle révision n'est bien entendu pas à remettre en cause et est totalement justifié, par contre la délimitation territoriale à laquelle elle s'applique, c'est à dire à la seule "Basse" Normandie, ne l'est pas.
Pourquoi ?

Depuis ces dernières années et notamment en 2004 et en ce début d'année 2005, on assiste à une multiplication des structures avec des projets lourds communs aux deux demi régions de "Haute" et "Basse" Normandie et aux implications considérables pour le moyen et long terme. Citons-en quelques uns :

- La Directive Territoriale d'Aménagement (DTA) de l'Estuaire de la Seine qui fixe pour une zone géographique s'étendant de Fécamp aux portes de Bayeux et englobant Caen, Lisieux, Rouen et Le Havre, la localisation des grandes infrastructures de transports, de grands équipements et d'une façon générale la mise en valeur des territoires,

- Le Pôle Métropolitain Normand qui vient d'être validé par la DATAR en mars dernier et qui réunit les villes et agglomérations de Caen, Rouen et Le Havre et qui, en complément de la DTA, aura lui aussi des compétences considérables en matière d'aménagement du territoire,

- Accompagnant en quelque sorte ces deux structures capitales pour l'avenir "bas" et "haut" normand, des organismes normands "unifiés" viennent également de voir le jour : l'E.P.F.N (Etablissement Public Foncier de Normandie) qui, en intégrant la Manche et l'Orne, étend désormais ses compétences foncières et en matière de reconversion des friches industrielles aux cinq départements normands et la SHEMA (Société Hérouvillaise d'Economie Mixte d'Aménagement) qui de "bas" normande à l'origine, est devenue normande en s'implantant au Havre.

En bref et pour conclure, toute politique "bas" normande d'aménagement du territoire qui n'intégrerait pas l'état de fait qui vient d'être décrit, serait marquée du sceau de l'incohérence et de l'irréalisme. C'est pourquoi l'URN demande aux Présidents des deux demi régions normandes d'inscrire toute vision prospective d'aménagement du territoire dans le seul cadre qui lui convienne : celui de la Normandie réunifiée.


Le Président
Yves Loir

 

« Parce qu’il n’y a qu’une Normandie »

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