2- SITUATION ACTUELLE DE LA « BASSE » NORMANDIE : ASPECTS NEGATIFS DE LA DIVISION NORMANDE

 

Pour décrire, d'une façon objective la situation de notre région, il faut se reporter à un document réalisé par le Conseil Economique et Social de Basse Normandie dans le cadre du «Schéma Régional d'Aménagement et de Développement du Territoire» (Orientations stratégiques régionales pour la période 2000-2006) préfacé par René Garrec (1998).

Dans la première partie de ce document, intitulé «Bilan diagnostic – Situation de la Basse Normandie», la situation de notre région est caractérisée de la manière suivante : 

-                «La démographie : la Basse Normandie vit actuellement un retournement de    tendance qui lui fait perdre sa caractéristique de région jeune. Outre le fait d'un niveau désormais bas de natalité, la région est toujours confrontée à des flux migratoires particulièrement défavorables dans les classes d'âge 15-30 ans, traduction d'une perte dramatique de forces vives et de dynamisme potentiel de la région.

-                La structure Socioprofessionnelle : l'analyse de la situation régionale met en évidence la détérioration croissante et rapide de la représentativité de la catégorie "professions de l'encadrement". Cette distorsion récente a aussi pour conséquence, d'influer sur le dynamisme régional.

 -                Les pouvoirs économiques régionaux : la Basse Normandie fait partie des régions les plus dépendantes de l'extérieur dans le domaine économique. Cela signifie que les grandes décisions se prennent hors de la région et que la Basse Normandie a toute chance de manquer de retombées positives.

 

Ces trois tendances sont constitutives à terme d'handicaps structurels majeurs pour l'avenir de la région. En aucun cas, elle ne pourra les surmonter d'elle-même» (voir annexe 3)

 

Et le Conseil Economique et Social de Basse Normandie d’en appeler à l'Etat pour aider la région à surmonter ces très graves problèmes structurels.

 

La situation décrite, dans le cadre de ce bilan diagnostic, ne s'est pas améliorée depuis, bien au contraire, ainsi que le révèle un second bilan diagnostic (voir annexe n°3) établi au mois de juin 2003 par le CESR de Basse Normandie, sans parler de la fermeture de Moulinex, l'implantation du synchrotron "SOLEIL" en Ile de France, etc…

 

Face aux "handicaps structurels majeurs" évoqués par le CESR de Basse Normandie, l'Etat a-t-il décidé d'aider la région ? Un élément de réponse a déjà été donné en 2001 par la décision gouvernementale d'implanter "SOLEIL" en Ile de France contrairement aux promesses formelles faites à notre région après la fermeture de SMN en 1991. Un autre élément de réponse est fourni par l'importance de la part de l'Etat relativement à celle de la région dans le financement des deux derniers contrats de plan Etat-Région (C.P.E.R) 1994-1998 et 2000-2006. En choisissant ce critère pour établir un classement des régions françaises, la Basse Normandie occupe les tout derniers rangs pour l'un comme pour l'autre des C.P.E.R. (voir annexe n°4)

 

La mise à l'écart de la Basse Normandie pour l'implantation de "Soleil", la faible implication de l'Etat pour le financement des C.P.E.R, indiquent bien que la Basse Normandie n'est pas entendue à Paris, malgré les raisons qu'elle aurait de l'être, et est tenue pour quantité négligeable. La comparaison avec la région voisine de Bretagne est sur ce plan accablante (voir annexe n°4)

 

On peut dès lors s'interroger sur l'origine d'un tel état de choses. Est-il dû au manque de combativité de nos responsables régionaux, négociateurs des contrats de plan par exemple. En aucun cas. La majorité régionale a montré à diverses occasions, sa détermination à défendre les intérêts régionaux. En réalité, le pouvoir de négociation qui s'établit en grande partie à partir d'un rapport de force, pâtit du faible poids de la région Basse Normandie dans son rapport avec l'Etat.

 

La division de la Normandie en deux demi régions administratives a bien d'autres effets négatifs. Certaines sont des conséquences de ce qui vient d'être indiqué : l'Etat ne s'impliquant pas d'une manière significative dans la prise en compte de ses graves difficultés, c'est à la région de tenter de le faire à sa place avec des moyens nécessairement limités, d'où le maintien depuis plus d'une décennie, d'une fiscalité régionale lourde comme vient de le révéler encore récemment un document de la D.G.I (Direction Régionale des Impôts) publié dans l'Express de février 2003. (voir annexe n°4)

 

Par ailleurs, la division de la Normandie qui brouille son identité à l'extérieur, apporte une connotation négative à la dénomination de notre demi région, ainsi que le note le C.E.S.R dans le bilan diagnostic : «l'appellation même de Basse Normandie constitue un handicap majeur et s'avère plus pénalisante en traduction anglaise dans la mesure où l'adjectif "lower" contient une connotation encore plus négative avec un sens d'infériorité».

Les effets négatifs de la division de la Normandie sont donc bien évidents et pénalisent l'ensemble des Normands. Ce qui vient d'être évoqué n'en constitue pas malheureusement le contenu exhaustif.

 

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