4- PROBLEMES POSES PAR LA MISE EN ŒUVRE DE LA REUNIFICATION NORMANDE

Il serait irréaliste de prétendre qu’une fusion des deux demi régions administratives normandes créées en 1956 va se faire d’un coup de baguette magique. Un certain nombre de problèmes sont à résoudre. Nous en évoquerons deux car ils sont souvent mis en avant par les adversaires de la réunification normande : le problème de la future localisation des centres politiques régionaux et celui de la différence des niveaux d’endettement entre la Haute et Basse Normandie.

 

Concernant le premier point, l’Histoire elle même se charge de montrer que le problème de la localisation de la future capitale d’une région réunifiée n’en est en réalité pas un. En effet après la fondation de la Normandie en 911 – qui se limite alors à l’estuaire de la Seine- Rouen, ville la plus importante et géographiquement la mieux située est tout naturellement la résidence  du Duc et capitale. Mais la région va s’étendre à l’Ouest au milieu du 10ème siècle avec l’adjonction du Bessin, de l’Avranchin et du Cotentin et au XIeme siècle le plus prestigieux des Ducs, Guillaume le futur conquérant de l’Angleterre va établir la capitale normande à Caen.

 

L’Echiquier, institution fondamentale du pouvoir politique normand de l’époque, tribunal suprême du Duché s’établira successivement dans différentes villes de la Province. On peut s’inspirer de cette «flexibilité» et de ce pragmatisme à l’époque moderne par exemple en proposant de localiser le siège du Conseil Régional à Caen, la Préfecture Régionale à Rouen.

 

Les voies de communication (autoroute), et les réseaux informatiques haut débit  permettent plus encore que par le passé l’implantation de services d’une même structure dans des agglomérations différentes.

 

Dans un autre domaine, certains pour justifier leur refus de la réunification normande, font état de la disparité des niveaux d’endettement des deux régions qui ferait qu’une «Basse» Normandie très peu endettée (ce qui est exact) ne saurait fusionner avec une «Haute» Normandie qui le serait beaucoup plus.

 

Plusieurs remarques peuvent être faites à ce sujet : En premier lieu, il convient de souligner que l’endettement (relatif) de la «Haute» Normandie a eu dans le passé pour origine une opération saine (investissements universitaires importants bénéfiques à long terme).

 

D’autre part, une caractéristique financière importante de la Haute Normandie ces dernières années est son désendettement rapide rendu possible par une capacité d’épargne brute importante. Le dernier compte administratif de la Haute Normandie établi en juin 2003 fait ressortir que l’encours de la dette régionale en diminution constante ne représente désormais que 1,3 année d’épargne brute régionale contre 4 années en 1993 (voir annexe 6).

 

Par ailleurs, les nombreux exemples de fusions de villes ou de communes, mises en œuvre dans le passé, sont là pour le prouver : la disparité financière de collectivités locales appelées à fusionner est parfaitement gérable en prenant en compte les intérêts respectifs des différents partenaires.

 

En conclusion, même si l’on ne peut nier le fait que la réunification de la Normandie comporterait la résolution d’un certain nombre de problèmes, ceux-ci sont parfaitement surmontables et ils le sont d’autant plus qu’il faut être conscient que les avantages retirés de la réunification de la Normandie dépassent et de loin les quelques désagréments ponctuels qu’elle pourrait éventuellement comporter. Comme l’a fait remarqué il y a quelques mois Georges de la Loyère, Conseiller Régional de Basse Normandie, dés lors que la volonté d'aboutir à la réunification existe, les obstacles seront surmontés.

 

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