5-   PERSPECTIVES D'UNE REUNIFICATION NORMANDE

Les handicaps que génère le faible poids de la Basse Normandie sont perçus par la plupart des responsables régionaux. Est perçu également, la nécessité d'un élargissement territorial de l'actuelle demi région normande. Ainsi Jean-François Le Grand, Président du Conseil Général de la Manche, déclarait-il au mensuel "Nouvel Ouest" du 12 mai 2000 : "Je crois que les régions doivent atteindre une taille critique en dessous de laquelle, elles ne seraient plus crédibles. La taille peut aussi être un atout en terme de capacité d'actions".

 

A partir de ce constat, certains ont proposé une alternative à la réunification de la Normandie en proposant d'intégrer la Basse Normandie dans le "Grand Ouest". Ce concept nous semble totalement irréaliste et totalement contraire aux intérêts « bas » normands. Tout d'abord, quelle délimitation géographique recouvre-t-il ? Le magazine nantais "Nouvel Ouest" a apporté récemment pour sa part une réponse : Le "Grand Ouest" va d'Angoulême à Cherbourg (c'est à dire englobant les régions de Poitou-Charentes, Pays de Loire, Bretagne, Basse Normandie). Pour d'autres, elle ne regrouperait que la Bretagne, les Pays de Loire et la Basse Normandie. D'autres la réduisent à la Bretagne et Pays de Loire. Dans tous les cas de figure, les capitales de ces néo-régions seraient Nantes ou Rennes.

 

En dehors de la totale indétermination sur la délimitation territoriale de l'ensemble ainsi proposé, il suppose que les responsables actuels des régions précités et notamment les présidents de régions de Bretagne, Pays de Loire ou Poitou-Charentes soient disposés à intégrer la Basse Normandie dans un éventuel "Grand Ouest". Or, à aucun moment, les responsables des régions en question, n'ont manifesté une telle intention.

 

D’autre part, le concept de « super région » n’a jamais été précisé, ni par l’Etat, ni par les acteurs régionaux eux-mêmes.

 

Certains ont cru trouver dans la coopération interrégionale avec la Haute Normandie un substitut à une réunification en bonne et due forme. Cette formule a montré ses limites dans le passé et ne saurait être non plus la véritable solution.

 

En réalité si l’on veut, comme on l'affirme ici où là, faire en sorte que notre région, la « Basse » Normandie, atteigne la "taille critique", il n'y a pas d'alternative à la réunification de la Normandie.

 

Ce qui vient d'être dit justifie la nécessité d'une réunification des deux demi régions administratives actuelles. C'est aussi le vœu des populations normandes tous départements confondus telle qu'il ressort de multiples sondages d'opinion réalisés par des instituts spécialisés et indépendants dont on trouvera les résultats en annexe n°8.

 

            Réunifier, c’est aussi le souhait de très nombreux élus de «Haute» comme de «Basse» Normandie appartenant à toutes les formations politiques : qu’ils soient

            

              UMP, comme :

Jean-Louis Debré, Président de L’Assemblée Nationale, Député Maire d’Evreux

Daniel Goulet, 1er vice président du Conseil Régional de «Basse» Normandie, Sénateur de l’Orne

Jean Bizet, sénateur de la Manche

Claude Gatignol, Député de la Manche

Antoine Rufenacht, Maire du Havre

UDF, comme :

Hervé Morin, Député Maire d’Epaignes (Eure)

Rodolphe Thomas, député du Calvados

Philippe Augier Maire de Deauville (Calvados)

Pierre-André Albertini, Maire de Rouen

Ou Socialistes, comme :

François Loncle, Député de l’Eure

Jean Pierre Godefroy, Sénateur de la Manche

 Cette liste n’étant pas, loin s’en faut, limitative

 

Par ailleurs, des formations politiques en tant que telles, ont en Haute Normandie comme en Basse Normandie, pris position en faveur de la réunification normande : les Verts, le Parti communiste, le Front National, le MPF, etc…

Dés lors qu'une majorité écrasante de Normands et qu'une forte proportion d'élus y sont favorables, on peut se demander qu'est-ce qui a empêché jusqu'à maintenant la réunification normande. Il serait trop long d'évoquer ce sujet. Qu'on sache seulement que des considérations purement politiques ont naturellement joué (actuellement le Conseil Régional de "Basse" Normandie est de Droite, celui de "Haute" Normandie est de Gauche), que des questions de personnes ont également pu interférer (maintien de situations acquises), sans parler d'immobilisme pur et simple.

Le problème se pose sous un jour nouveau avec la réforme constitutionnelle voulue par Jean-Pierre Raffarin et votée par le Congrès le 17 mars dernier et qui permet de trancher le problème par le recours au référendum local.

 

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